Au début, je voulais consacrer ce blog à mes intérêts, mes pensées, mes idées... mais je n'écris pas depuis la création du blog, parce que j'ai réalisé que tout ce que je voulais dire était en lien avec la maternité, ma façon de vivre la maternité.
Et bien tant pis, je parlerai de ma réalité, il semble que ce soit sur ce sujet que j'aie maintenant des choses à dire...
Cette nuit, j'ai clarifié ma position actuelle sur l'allaitement.
Je suis enceinte de mon deuxième enfant.
Concernant ma première fille, je l'ai allaité jusqu'à 16 mois.
Wow! Bravo! C'est excellent! Merveilleux!
Les gens s'exclament...
Et bien, je sens que je devrai défendre ma position pour le prochain.
Oui je crois que l'allaitement est la meilleure chose qui soit pour un début de vie, je le crois fondamentalement.
Mais à choisir entre les bienfaits de l'allaitement et les bienfaits de la santé mentale chez la mère... je choisis la deuxième option.
En effet, la prochaine fois, je vise l'allaitement mixte. Mais je fais déjà face à de l'opposition et je dois déjà me justifier. Je suis enceinte de 3 mois... ouh là...
J'ai adoré allaiter, jusqu'à ce que cocotte ait 10 mois. Mais les 6 mois suivants, je n'aimais plus ça du tout.
Aussi, même les 10 premiers mois, j'étais tellement entêté, la tête dans le sable... je n'avais aucune conception de MES besoins. Nous étions tellement dans la fusion que je confondais les besoins de bébé avec les miens. Et ça ne servait à personne.
J'étais prise avec mes idées, au niveau intellectuel, et mon senti, comment je vivais la situation. Et l'opinion ambiante penchant davantage vers la promotion (harcèlement) de l'allaitement...
J'ai même eu une expérience gênante... j'avais trouvé un médecin qui pouvait nous suivre, bébé et moi, par soucis de cohérence. Or, le système médical étant ce qu'il est, je n'avais pas des rendez-vous qui se suivaient. Alors une fois, j'avais un rendez-vous pour moi le mercredi et un pour ma fille le jeudi. Le mercredi, elle m'a recommandé de reconsidérer mon choix de continuer d'allaiter parce qu'elle me trouvait bien fatiguée... Le jeudi elle m'a félicité de l'allaiter encore à 5 mois, et surtout de continuer parce que c'est vraiment ce qu'il y a de mieux pour elle... euh bonjour la cohérence.
Et justement, personne dans mon entourage ne réalisait à quel point j'étais à bout, exténuée. Il a fallu que je pète un plomb solide, à 10 mois, pour qu'on considère un peu mon vide.
Les rares fois où j'ai osé exprimer que je trouvais ça difficile, on m'a dit que c'était NORMAL.
Je m'excuse, en fait je m'excuse pas pantoute, CE N'ÉTAIT PAS NORMAL.
Je ne connais pas grand monde qui aurait enduré ce que j'ai vécu. Allaiter aux deux heures, jours et nuits, chaque tétée d'une durée d'une heure. Et en plus je n'avais pas beaucoup de lait... Non, vraiment, je ne me rembarquerai pas là-dedans, c'est hors de question.
C'est bien beau tout donner à son enfant, mais il faut choisir ce qu'on donne, et cette fois je donnerai une mère reposée, épanouie et ressourcée.
Si j'ai appris quelque chose de ma première expérience, c'est bien que la mère doit s'occuper d'elle pour être capable de s'occuper de son enfant.
Je ne l'ai tellement pas fait la première fois, et j'ai vécu les contrecoups de ça... une mère fatiguée et inquiète, ça fait un bébé qui braille. Et bonjour le cercle vicieux.
Alors si quelqu'un ose remettre en question mon choix de l'allaitement mixte, vraiment, je vais me mettre en rogne.
Si quelqu'un sait ce qu'il y a de mieux pour moi, c'est bien moi. Il y a de beaux avantages à vieillir et avoir de l'expérience.
Certaines mères veulent offrir les mêmes conditions à chacun de leurs enfants,par souci d'équité. Moi je trouve cela ridicule, parce que c'est priver les enfants de notre expérience. En plus, on change dans le temps, on ne peut pas être pareille, penser pareil, et conséquemment agir pareil.
La première fois, je pensais vraiment bien faire, et j'était encouragée dans ce sens.
Cette fois, je crois vraiment que je ferai ce qu'il y a de mieux aussi, mais je sais que je devrai me justifier.
La sage-femme m'a déjà un peu sermonnée quand je lui ai parlé d'allaitement mixte. "Oui, pas de problème pour l'allaitement mixte, mais surtout pas dès le début et il faut que ce soit avec du lait maternel. Tu sais, les françaises font l'allaitement mixte, offrent le biberon dès le début, et à trois mois elles n'allaitent plus."
Oui, mais les françaises ont deux mois de congé de maternité, à moins qu'elles n'allaitent, auquel cas elles ont trois mois de congé de maternité... ont-elle le choix? Si comme moi, elle attendaient que bébé ait trois mois pour essayer de donner le biberon, et que comme moi, bébé refusait de se faire nourrir ainsi, qu'est-ce qu'elle feraient?
Moi je suis prête à prendre le risque d'arrêter d'allaiter à 6 mois, mais je ne suis pas prête à prendre le risque que bébé ne prennent pas le biberon avant 12 mois.
Et avec mon lait, je veux bien, mais il faudrait que mes seins acceptent de donner plus qu'un once de lait en 30 minutes...
Et justement, mes seins. Ils ont tellement donnés. Ils sont fatigués de se faire toucher. C'est rendu que je dois dormir avec un soutien-gorge, parce que simplement le frottement de mon pyjama m'énerve. Alors la perspective d'allaiter ne m'enchante pas. Pas pantoute.
On verra bien, peut-être qu'une fois bébé dans les bras je serai très heureuse d'allaiter. Mais en ce moment je considère l'allaitement mixte comme un compromis. Je veux bien donner "ce qu'il y a de mieux" à mon bébé. Mais je veux aussi me donner une qualité de vie. Le soir, j'aimerais pouvoir coucher ma fille de 3 ans, pendant que mon conjoint donne le biberon à bébé. Et la nuit, j'aimerais que mon conjoint donne un biberon au milieu de la nuit pour avoir plus qu'une heure de sommeil d'affilée.
Ne pas dormir pendant 10 mois, oh que non.
Je suis convaincue que mon bébé d'amour grandira et sera en santé avec une mère en phase avec son choix.
C'est bizarre quand même les modes reliées à la puériculture... et la conviction avec laquelle les gens défendent ces idées. J'adhère moi-même à ces idées, parce que j'ai été élevée comme ça. Mais je n'ai pas été élevée dans un climat d'obligation. Chez nous, il n'y a pas de choix acquis. Ma mère m'avait même demandé si j'allais allaiter, même si elle a allaité les cinq enfants chez nous et que la culture ambiante en fait la promotion. Elle, elle m'a aidé et écouté. Mais moi je ne l'écoutais pas parce que j'étais trop convaincue. Je pense qu'il aurait fallu que quelqu'un (de plus que le médecin, et de plus cohérente surtout...) me brasse un peu. Me dise : "t'es-tu vue, tu te laisse aller, tu n'as pas dormi depuis des mois, la première fois que tu es sortie sans bébé, elle avait 7 mois et tu es allée acheter des couches chez Jean Coutu... ça suffit, réveille!!!!!" Je l'aurais peut-être envoyé paître...
Enfin, ce qui m'énerve, c'est le manque d'écoute.
Bonne journée!